Les bénévoles du Chabada prêtent leur plume pour immortaliser l’énergie que le public transmet. Aujourd’hui, c’est Natacha, guitariste et adepte du Punk Rock, qui s’est faufilée au cœur de la foule du concert de Pogo Car Crash Control.
La semaine dernière, les Pogos ont annoncé la dissolution du groupe et de leur tournée, mais grâce à Natacha vous aurez une idée de ce que c’était qu’un concert de P3C !
« Bal des pompiers version Trash Métal » au Chabada ce soir.
Nous sommes le 17 septembre 2025. Je marche sur le trottoir, quand je passe devant une affiche annonçant… Quoi ?! Non ! Je rêve ? Un concert des Pogo Car Crash Control, le 4 décembre. Illico presto, je prends une photo de l’affiche que j’envoie par SMS au seul de mes potes aimant le Punk Rock. Je ne manquerais ce concert pour rien au monde !
Le jour J, publics habitués ou primo visiteurs sont venu·es d’Angers, de St-Barthélemy, de la Ménitré… Pour vibrer à l’unisson et pogoter ensemble. J’observe le public en majorité masculin :
- Des jeunes punks portent un pantalon militaire. Parmi eux, un gars aux cheveux bleus, maquillé à la manière de Billie Joe Armstrong (chanteur de Green Day) ;
- Un fan de Nirvana ;
- Des barbus, grands habitués du Hellfest, se souvenant peut-être avoir vu les Pogo Car Crash Control en tête d’affiche du warm-up en 2023.

Le line-up du 4 décembre au Chabada – décembre 2025 © David PILLET
Bien sûr, peut-on imaginer un concert des P3C sans quelques T-shirts « More Women On Stage » sur le dos de filles ou de garçons. Eh oui ! Un gars le porte. C’est par la prise de conscience de nos collègues masculins que la lutte initiée par Lola Frichet fera bouger les choses. Une bassiste n’est pas une potiche ! Elle n’est pas là pour faire « jolie », son rôle est essentiel au sein d’un groupe car elle nuance le tempo marqué par le batteur. Et je vous demande pourquoi une fille ne jouerait pas de la guitare électrique ?!
Avant l’heure H, place au premier groupe : Sex Shop Mushrooms, formé à Paris, en 2022, composé de Timothée au chant et à la basse, Giulia à la batterie, Victor et Cyprien à la guitare. À eux quatre, ils incarnent le renouveau du Grunge en France même s’ils ne se définissent pas vraiment ainsi.
Sur scène deux batteries, deux guitares, une basse.
Certain·es, une bière à la main, attendent le début du concert comme une fête conviviale. Puis la pénombre se fait. Un à un, les membres de Sex Shop Mushrooms prennent leur place sur une musique électronique calme, comme un volcan se réveillant d’un long sommeil avant l’éruption. Timothée, jeans, polo raillé vert et blanc, cheveux longs comme Kurt Cobain, arrive à son tour sous nos applaudissements. Un riff de guitare, un roulement de batterie nous réveillent. Nous bougeons la tête en cadence sur « jump ». Avec leurs guitares accordées en bémol et leurs rythmes tantôt « énervés », tantôt « nostalgiques », ils nous ouvrent les portes de leur univers, celle d’une jeunesse avec les mêmes inquiétudes qu’étaient les nôtres à leur âge, mais puissance cent.
Timothée de Sex Shop Mushrooms – décembre 2025 © David PILLET
Vient le moment du changement de plateau. Les guitares et la fameuse basse blanche de Lola qui dormaient sur le côté de la scène vont se réveiller.
Personne ne sort. Tout le monde piétine d’impatience. Trop de bruit dans le club, impossible d’aborder qui que ce soit.
C’est le tour du groupe punk français, formé en 2011, à Lésigny en Seine-et-Marne, composé des trois frères Pernot : Olivier et Simon à la guitare et au chant, Louis à la batterie et celle élue meilleure bassiste au concours « She Shreds » en 2020, je veux parler de Lola Frichet. Derrière Louis, sur un fond noir dans un double cadre une main fermée sur un poignard.
Ha ! Problème, la pédale de la grosse caisse est cassée. Help ! Giulia prête la sienne. Le concert commence. Dès le début une ambiance de « bal populaire à nous », les punks s’installent. Jeunes et moins jeunes « pogotent » dur dès le deuxième morceau. Je préfère rester sur le côté à observer et profiter du concert tant attendu.
Le punk emploie généralement des slogans, « mais P3C pas tant que ça » analyse une étudiante rencontrée à la sortie. Leur musique est un mélange de métal, d’un peu de pop et de ballade. La technique vocale du chanteur est le « scream », cri en anglais.
Au troisième morceau, la température monte. Louis quitte son T-shirt à manches longues, montrant son tatouage sur la poitrine. Que serait un concert de punk sans le rituel du slam : Olivier et quelques téméraires se jettent dans la foule. À la fin du concert, comme à chaque fois, Lola lève sa basse. Puis un échange de check entre le groupe et le public.
Chouette moment !

Le slam d’Olivier – décembre 2025 © David PILLET
Un couple d’environ la soixantaine, qui habituellement écoute du pop rock, vient de découvrir les deux groupes et sort satisfait de la soirée.
Je retrouve les lycéens qui avaient attiré mon attention, dont celui aux cheveux bleus. Ils connaissent les deux groupes. Ils pensaient que « ça pouvait être drôle d’y aller avec des copains. » « Au final, c’était vachement cool ».
Des étudiant·es, chaussé·es de Dr.Martens, jeans retroussés, habitué·es du Chabada, ont accepté de discuter longuement avec moi. Iels écoutent tous les genres de musique. « C’est toute ma vie », me répond la jeune fille aussi batteuse. Nous étions entre musicien·nes. L’un d’eux, fan de « musique extrême : hard Rock, Métal, Punk » me confie connaître les P3C depuis l’âge de quinze ans et que d’écouter ce genre de musique le fait vibrer. « Avec les P3C, c’est la fête ! »
Je m’approche d’un groupe de quinquagénaires au look de métalleux. Ils viennent de temps en temps, ils connaissent les deux groupes. Ils se sont bien « défoulés ».
Conclusion, le mot « plaisir » était sur toutes les lèvres. Pour moi, mon pote n’est pas venu, mais le plaisir de retrouver Lola pour évoquer notre première rencontre et faire un selfie où nous sommes « très moches. »
Jeunes et moins jeunes « pogotent » dur – décembre 2025 © David PILLET
Rédaction : Natacha C
AVS de profession, Natacha est tombée dans le chaudron de la poésie à 9 ans. Guidée et entourée de poètes, elle devient TaTchok la poète des scènes Slam. Habituée des cafés concerts et du Chabada, elle saute le pas en devenant guitariste du groupe NCLH.


