Bas du visage de la chanteuse CJ Beth, découpée de la pochette de son single "Walter"
©Josic Jégu

L’ACTU LOCALE D’AVRIL

02.04.2025

Voici les nouveautés de nos artistes angevin·es en ce début d’avril !

Commençons par exemple avec le nouveau single de The Riddimists, qui nous embarque dans des contrées où se croisent dub et reggae/soul, comme les Japonais de Dry & Heavy s’en étaient fait les spécialistes à la fin des années 90. « My Goldmine » s’appuie d’ailleurs sur la même recette : une rythmique ample et souple sur laquelle folâtre une voix féminine pleine de chaleur et de groove. Irrésistible.

© Claire Huteau

On ne s’éloigne pas très loin puisque Lo’Jo vient de sortir un remix de son « Brother Barrett » réalisé par leurs amis de Zenzile. Le titre, issu du dernier album en date de Lo’Jo, « Feuilles Fauves », accueillait la voix abyssale du chanteur de Jupiter & Okwess, qui prend désormais des allures de dub poet façon Prince Far I dans ce remix. Un titre à écouter fort, bien en face du caisson de basse.

Ça aussi, vous pouvez écouter le volume à fond. C’est de toute façon ce que vous allez faire naturellement dès les premiers accords de guitare de « Doin’ OK », le premier titre. The Red Birds est un nouveau groupe sur Angers, dont on espère déjà beaucoup. Si vous aimez l’efficacité des morceaux soul et pop des 60s joués avec la rage des groupes punk des 70s (dans l’esprit de The Undertones, Buzzcocks ou The Ramones), The Red Birds vont devenir votre came très très vite. Essayez les trois compos de ce premier EP (même pas 7mn au compteur) qui sonnent déjà comme des classiques du genre, et on en reparle ! Yeeeeeaaaah !!

© Josic Jegu

Il y a aussi un tout nouveau single à écouter du côté de chez CJ Beth. La chanteuse a en effet sorti la semaine dernière « Walter », un titre langoureux et brumeux comme ne l’aurait sans doute pas renié le Tricky des 90s. Sur une rythmique boom bap proche de l’état second, la jeune femme trouve une ligne de chant vénéneuse qui ne vous lâche plus pendant des heures.

On reste dans la langueur et la sensualité. Le duo Split Cake a également un nouveau single disponible sur les plateformes. « In the tangle » verse dans la pop de boudoir, feutrée et raffinée, avec juste ce qu’il faut de groove ambigu pour que ça en devienne émoustillant. Au fur et à mesure des titres de Split Cake, on pense de plus en plus à Elysian Fields, un autre duo, new-yorkais celui-ci, et c’est bien évidemment un compliment.

© Josic Jégu

Si vous aviez loupé la release-party de « Contretemps », le premier album de Stav, qui s’était tenue au Joker’s Pub en décembre dernier, vous pourrez au moins vous consoler en regardant ces quatre morceaux captés lors de la soirée. Épaulé par son vieux complice Titouan Le couteau-suisse à la batterie et par Chahu à la guitare et aux claviers, Stav peut lâcher la bride à sa pop délurée et maline aux textes faussement candides (les paroles de « Meilleur Ami » sont probablement la plus lucide des analyses de ce qu’est vouloir être un artiste aujourd’hui). Le tout en ayant envie de sauter dans tous les sens, comme si le monde extérieur n’existait pas…

Jean-Pierre Théolier a lui aussi eu le loisir de beaucoup réfléchir à la place de la création dans sa vie mouvementée. Jean-Pierre Théolier, c’était le guitariste/chanteur de Seconde Chambre dans les années 80, puis des Explosive Coolies au début des 90s. Deux groupes d’Angers qui ont exploré les zones les plus obscures du rock façon Joy Division et The Velvet Underground, à grands coups de larsens et de drogues en tout genre. Jusqu’à s’y perdre de longues années. Un documentaire vient de sortir sur son parcours et sa rédemption soudaine, presque miraculeuse, quand Jean-Pierre Théolier a troqué la défonce contre la foi. L’homme s’y dévoile sans fausse pudeur, avec une honnêteté désarmante, mais le film vaut surtout le coup pour les images d’archives de concert d’Explosive Coolies qui semble plus actuel que jamais, à l’heure où une bonne partie des groupes de rock se veulent à nouveau psychédéliques. Le documentaire « Merci pour la grâce » se trouve sur Internet, mais il sera également projeté lors d’une séance spéciale aux 400 Coups le 10 avril prochain, en présence du réalisateur Rodolphe Viémont.

Rédaction : Kalcha