Il y a quelques semaines, l’agence de presse Reuters annonçait avoir percé à jour la véritable identité de Banksy, le Fantomas du street art. À vrai dire, je n’ai même pas ouvert l’article. C’est tellement rare et rafraichissant de connaître davantage les œuvres d’un·e artiste plutôt que son nom, son visage, sa vie privée. Ça nous change de toutes ces « stars » interchangeables dont quasiment personne n’a jamais lu un livre ou dont on aura oublié la chanson/le film le mois suivant, quand elles ou ils n’ont pas tout simplement rien « produit » d’autre que leur propre personnage médiatique… On a d’ailleurs pu constater il y a peu les ravages que peut engendrer cette surmédiatisation sur des personnes un peu trop sensibles, un peu instables ou tout simplement pas préparées à y faire face. À quoi bon donc savoir qui est (ou qui sont?) Banksy ? Ses œuvres en seraient-elles plus ou moins percutantes ? Alors laissez nous raviver la flamme du seul gars inconnu et continuer à croire encore un peu que l’Art peut sauver le monde.
Nerlov, lui, avance à visage découvert. Et même les tripes sur la table. Après avoir dévoilé ses nœuds au cerveau sur le fait de devenir père un jour dans son excellent dernier single, le chanteur fait ici une bouleversante et magnifique déclaration d’amour à son meilleur ami dans « Si tu meurs », qui semble annoncer un prochain album encore plus balèze que le précédent. Mais l’amitié, c’est aussi la rigolade, l’insouciance, le temps présent. Et le morceau feel-good que vous aurez envie de passer la prochaine fois que vous ferez la teuf avec vos ami·es, ça sera forcément « Coucou les potes », le dernier single du Sétois Dab Rozer en duo avec Nerlov justement. Bref, deux salles, deux ambiances, une même vérité.
Celui-ci, ça fait un bon moment qu’on vous en parle. Le premier album de Hyper Jacuzzi est enfin sorti. Au final, on connait presque déjà tous les morceaux de ce « Sea Monsters » dont plusieurs ont été égrenés en singles au fil des mois, mais il restait tout de même une petite poignée de titres à découvrir, dont ce sublime « Naufrage Part 2 », brut et ensorcelant. Il s’agit désormais de choper le trio sur scène et le plus vite possible.
Mince, je n’aurais peut-être pas dû utiliser l’adjectif « ensorcelant » pour Hyper Jacuzzi, vu qu’il m’aurait sans doute été bien utile pour le premier album de… Sorcellerie. La sorcière qui se planque derrière ce nouveau projet synth-wave/batcave n’en est pas à son coup (de balai) d’essai puisqu’on a pu la croiser à divers instruments dans plusieurs groupes à l’éthique DIY inébranlable (Tu Brüles Mon Esprit, Better Off Dead, Taenia, Carmen Carbon, Catisfaction, Necrofilles, Neuf Volts…). Sur ce « Wolves », elle est d’ailleurs sur tous les fronts. Bon, on ne va pas vous mentir non plus, ce disque indocile ne siéra peut-être pas à toutes les oreilles, mieux vaut être déjà sensible aux charmes vénéneux des Nico, Siouxsie & The Banshees ou Mütterlein. Mais si vous aimez les claviers lugubres et les boites à rythme qui s’emballent, foncez !
Sur le papier, on ne peut guère imaginer plus éloigné·es que Sorcellerie et Lo’Jo. Et pourtant le célèbre orchestre sans frontières mené par Denis Péan doit avoir beaucoup de tendresse pour toutes celles qu’on a traité de sorcières au travers des âges. Et les ambiances dark/synthwave n’ont absolument aucun secret pour Moon Pilot qui signe ici le très bon remix de « Peu de choses » (c’est à lui également que l’on doit la production du dernier EP de Dorrr). C’est donc une version tortueuse, saturée et cliquetante qui nous est offerte avec de dernier single.
Si vous aviez besoin d’un peu plus de lumière et de douceur, on vous dirigera vers le premier EP de Deva Harl, une des nouvelles recrues de l’Équipe Espoir du Chabada. La jeune chanteuse s’y étend sur cinq jolies balades folk/pop, cotonneuses et moelleuses à souhait. À l’image de son deuxième single en duo avec Chahu, que vous pourrez écouter ci-dessous. On pense à la grande époque de Keren Ann, de Cat Power ou encore à Angèle quand elle fait des reprises en anglais. Ressortez vos plaids en pilou !!
deVénus fait également partie de cette nouvelle promo de l’Équipe Espoir. Le duo vient de sortir un nouveau single, toujours fidèle à ses obsessions stellaires : « Momo dans le ciel » est une ritournelle électronique -pas vraiment pop cette fois puisque le morceau n’a pas réellement de refrain- qui pourrait un peu rappeler les expérimentations hypnotiques de la trilogie berlinoise de David Bowie ou les berceuses doucereuses de Boards Of Canada. De la musique de Rêve Party ?
Rédaction : Kalcha

