Que vous ayez quitté les bancs de la fac depuis longtemps, que vous n’y soyez jamais allés ou que vous y passiez déjà vos journées, vous êtes toutes et tous les bienvenus pour découvrir et apprendre des choses différemment lors du désormais incontournable rendez-vous de l’Espace Culturel de l’Université d’Angers, « 10 jours 10 conf' ».
Vous pourriez être plus particulièrement intéressés par la conférence du jeudi 17 novembre, pendant la pause-déjeuner (12h30) intitulée « Grands d’Angers : Tour d’horizon subjectif du meilleur de la scène angevine depuis les 80’s ». Vous pourrez y entendre des extraits et des anecdotes sur une douzaine de groupes angevins qui ont su séduire un public parfois très éloigné de la Place du Ralliement![su_spacer size= »15″] [/su_spacer]
Comme Maxime Dobosz, son leader, est actuellement à Austin avec son autre groupe San Carol, nous en profitons pour vous signaler la naissance d’un nouveau groupe sur Angers (avec des membres ou ex-membres de VedeTT, Pony Pony Run Run et Coco Grrrls), répondant au nom qui sent bon le feu de bois et les grosses couvertures, Big Wool. Si vous aimez les climats crépusculaires à la Slint ou Yo La Tengo, vous devriez y trouver des raisons de vous réjouir. Un premier album est attendu pour début 2017 mais nous en reparlerons très bientôt. Et il y a déjà un premier morceau à vous mettre sous l’oreille pour patienter…
Ne manquez surtout pas la très belle exposition « Les Mécaniques Poétiques », inspirée de l’album « Naphtaline » du groupe EZ3kiel. Proposée dans la Collégiale Saint Martin jusqu’à la fin du mois de décembre, cette exposition rassemble douze installations numériques interactives, créées par le bassiste Yann Nguema, qui revisitent de manière ludique et poétique l’univers rétro-futuriste des Tourangeaux.
Vous pourrez ainsi manipuler de vieux objets à l’esprit très burtonien, ouvrir des fioles magiques, frôler des statuts antiques, pour créer vos propres mélodies ou faire naître de mystérieuses apparitions. L’occasion de retrouver l’innocence et l’émerveillement des petites nenfants qui sommeillent toujours en vous!
Dans le cadre du Modern Festival l’accès à l’expo est gratuit le samedi 19 novembre de 13h à 18h, sur présentation d’un billet ou du programme du Modern Festival.
Le dimanche 20 novembre à 16h visitez l’exposition avec son concepteur Yann Nguema.
C’est désormais devenu un rendez-vous incontournable, le festival Les Z’Eclectiques fait péter l’artillerie lourde pour leur édition automnale des 11 & 12 Novembre prochains (Asaf Avidan ayant ouvert en avance le 21 Octobre). On ne saurait trop dire qui est vraiment la tête d’affiche entre Dub Inc, Vitalic, Puppetmastaz ou Wax Tailor? Sans parler de Jungle By Night (qui avait fait un concert formidable au Chabada l’an dernier) ou Bachar Mar Khalife qui feront office de découvertes de luxe pour une bonne partie du public. Bref, il y en aura pour tous les goûts. Sortez vos calepins!
Il y a deux ans, Le Chabada fêtait ses 20 ans et nous étions déjà très fiers de notre longévité. Radio G! fête cette année ses 35 ans d’existence et d’activisme et ce sont les Angevins qui peuvent être fiers d’avoir une radio survivante de la grande vague des radios libres de 1981.
Toute l’équipe de Radio G! vous donne donc rendez-vous le samedi 5 Novembre au « J, Angers Connectée Jeunesse » (12 place Imbach) entre 14h00 et 21h00 pour une foultitudes d’activités radiophoniques et festives.
Personnage incontournable et pourtant si discret de la musique à Angers, Thierry « Titi » Robin traverse la mer Méditerranée en long et en large -tel un funambule sur les cordes de ses guitares- depuis déjà la fin des années 70. Libre comme le vent, le musicien a toujours voulu se frotter à l’Autre pour en nourrir son Art. Il a ainsi pu collaborer au fil du temps avec Alain Bashung, la danseuse Gulabi Sapera ou bien l’acteur Michaël Lonsdale, et il se murmure ici ou là qu’il prépare un projet très surprenant pour l’an prochain. La SACEM vient en tout cas de lui décerner le grand prix des musiques du monde pour l’année 2016, et c’est bien entendu tout à fait mérité. Bravo Titi!
La cérémonie de remise des Prix aura lieu le 5 Décembre aux Folies Bergère à Paris et en direct sur sacem.fr
Vous rêvez de marcher dans les pas de Fauve, Skip The Use, Christine & The Queens, Chinese Man, François and the Atlas Mountains, Feu !Chatterton, Thylacine ou Radio Elvis? Tous ces groupes ont en commun d’avoir un jour été retenus par le jury des iNOUïS du Printemps de Bourges Crédit Mutuel. Depuis 1985, le festival repère de jeunes talents en région et leur offre un tremplin et une vitrine au national dont beaucoup ont su s’emparer pour lancer leur carrière.
Le duo angevin Grise Cornac vient de clipper une nouvelle chanson avec « Ces animaux-là », toujours tirée de leur excellent album « L’Être à la Nuit » sorti en début d’année.
A nouveau réalisé par Christophe Nizou, ce clip accueille deux acteurs qui vous diront probablement quelque chose, puisque vous avez déjà aperçu Caroline Ferrus dans la série Kaamelott (Mevanwi, l’épouse de Karadoc) et Raphaël Dalaine est notamment comédien dans les compagnies ZUR et ALICE.
Un joli clip donc, mais plus important encore, une très bonne chanson à qui on souhaite rapidement de squatter les ondes nationales.
Si vous êtes en vacances du côté d’Austin en Novembre ou que vous avez des amis texans, n’oubliez pas que la Angers Week se tiendra chez nos amis américains du 8 au 12 Novembre. Sur le même modèle que la Austin Week d’il y a quelques semaines à Angers, ces cinq jours seront alors l’occasion de présenter aux Austinites quelques fleurons de notre culture locale (musique, cinéma, gastronomie, etc.). Parmi les groupes angevins à faire le déplacement, Cherry Plum, San Carol, VedeTT (tous trois de l’Equipe Espoir Chabada-2016) et Méduse. Enjoy your trip!
Ne vous fiez pas aux instruments joués par Des Lions Pour Des Lions. Si leur musique repose beaucoup sur des instruments à vent et une grosse caisse, le groupe refuse d’être résumé à une simple fanfare, surtout depuis l’arrivée d’un guitariste qui ancre le son du quatuor dans un terreau beaucoup plus rock. Mais nos Lions ne sont pas prêts à brider leur liberté pour autant comme le prouve leur nouvel EP qui préfère défricher de nouvelles voies plutôt que d’emprunter les grands axes. On a posé des questions à Boochon et Babette…
Votre première démo date de 2010. Et vous n’avez plus rien sorti jusqu’à ce nouvel EP. Que s’est-il passé?
Babette: Au départ, ce projet est né un peu par hasard. Vers 2007/2008, je jouais parfois sous les ponts à la sortie du Donald’s Pub avec Raggy, le saxophoniste de Zenzile, pour nous marrer. Boochon avait aussi bossé avec Raggy et Vince (aussi de Zenzile) pour une mini-fanfare pour un 1er de l’an. De fil en aiguille, on s’est retrouvé à jouer tous les deux et on nous a demandé de jouer pour l’anniversaire d’un pote. Alors on a demandé à Momo (ex-batteur de Bell Oeil) de venir donner la pulsation. Et voilà. Mais ça a toujours été le projet un peu familial (NdY: Boochon et Babette sont en couple). On faisait ça quand on avait un peu de temps entre tous nos différents projets. Mais on a toujours eu une quinzaine de dates par an avec les Lions sans jamais vraiment les chercher. C’étaient parfois des plans roots, mais on s’est toujours bien amusés avec ce projet. Donc là, dernièrement, on a eu envie de relancer la machine et de mieux s’en occuper.
Ça coïncide avec l’arrivée de Freddy à la guitare?
Boochon: On cherchait déjà de nouvelles directions. On avait l’impression de tourner un peu en rond. C’est pas simple: deux cuivres et une grosse caisse, c’est limité pour varier les ambiances. On a pensé à incorporer des machines mais ça nous plaisait qu’à moitié. Et on s’est trouvé à enregistrer quelques chansons avec Freddy, qui est donc également producteur en plus d’être un très bon guitariste. Il nous a donc proposé des choses à la guitare et ça collait super bien. Ça emmenait le projet ailleurs. Et il nous a spontanément demandé si on voudrait bien de lui dans le groupe, même pour des déambulations. Il s’est fabriqué un système avec un petit ampli portatif…
Pourtant, j’ai l’impression que vous en avez un peu marre d’être la fanfare de service?
Boochon: En fait, c’est vrai qu’avant l’arrivée de Freddy, on cherchait à faire plus de scènes et moins de rue parce qu’on en avait un peu marre des festivals qui nous demandaient de faire les interludes en déambulation. En même temps, si on avait un peu plus bossé pour trouver des dates, on aurait peut-être trouvé mieux que ça! (rires) Mais depuis que Freddy est arrivé, on a repris du plaisir à faire de la rue parce qu’il a profondément modifié ce qu’on pouvait y faire. Du coup, c’est génial de pouvoir alterner les deux, scènes et rue. C’est pas du tout la même énergie.
Babette: On est dans une période où on rencontre de plus en plus de groupes avec un instrumentarium un peu différent des sempiternelles basse/guitare/batterie et qui dégagent une énergie très rock quand même. Je renie pas les fanfares, j’ai appris à jouer dans une harmonie municipale. La rue, c’est une super école, il faut tout donner pour garder le public. Mais il y a des tas d’autres choses à tenter!
https://www.youtube.com/watch?v=ZFyiwPoOzt4
D’ailleurs, les trois titres de l’EP donnent une idée de l’éventail des possibilités que vous pouvez explorer…
Babette: C’était le but. C’est pour annoncer notre premier album qui sortira plus tard dans l’année. On y a entend des trucs un peu afro, du punk rock, de la pop, de la transe presque ambiant. D’ailleurs ce morceau qui clôture l’EP était déjà sur notre précédente démo. Mais là il est totalement différent. Freddy apporte plein de nuances avec sa guitare. C’est un morceau en grande partie improvisé. On sait qu’on ne le rejouera jamais deux fois pareil.
Vous ne voulez plus être une simple fanfare, mais vous ne voulez pas non plus être enfermé dans les codes du rock?
Babette: C’est vrai. Ça, c’est un truc qui nous vient du jazz. On n’est pas d’assez bons musiciens pour jouer du jazz pendant une heure et demi. Je suis pas sûre d’en avoir envie de toute façon. Mais ce qui nous plait, c’est la liberté qu’offre le jazz. L’improvisation. Ça, c’est génial!
Boochon: Moi, j’ai toujours mené ces deux parcours de front. Tout gamin, je jouais dans une fanfare avec mon grand-père. J’ai appris le trombone au conservatoire. Puis j’ai écouté les disques de rock de ma soeur à l’adolescence et j’ai appris à jouer tout seul de la basse en les écoutant. J’ai toujours continué à jouer et écouter du jazz, même quand je jouais dans les Dirty Hands. Le jazz, la noise, le punk, les brass band de la Nouvelle-Orléans… Y a plein de trucs géniaux. C’est l’énergie et l’intention qui comptent. Et du coup, parmi toutes les choses que j’ai faites jusqu’à présent, ce projet est celui qui réunit le plus de choses que j’aime: la liberté du jazz, la puissance du rock, le groove, la dissonance. J’ai du mal à imaginer autre chose en ce moment.
Vous jouez bientôt au Chabada en première partie de Konono N°1 (le jeudi 27 Octobre). Ca colle super bien à votre univers!
Babette: Je suis trop heureuse. J’adore ce groupe depuis très longtemps. C’est drôle, parce qu’avant l’arrivée de Freddy, quand on cherchait de nouvelles pistes pour étoffer notre son, j’avais eu l’idée de copier un peu ce que fait Konono en trafiquant des amplis ou des micros sur nos instruments. Avoir ce son un peu cradingue. J’adore leur côté punk-rock, do-it-yourself. Je suis pressée de les voir.
Il y a d’autres groupes avec qui vous aimeriez jouer?
Boochon: À la Roche/Yon, on avait joué avec Jungle By Night, des gamins hollandais qui font de l’afro beat. C’était dingue. On vit une époque géniale! (rires)
Babette: On adore des tas de choses différentes. Après, si on doit chercher des affiches cohérentes avec Des Lions Pour Des Lions, je me dis que ça serait mortel de pouvoir jouer avec The Ex ou l’Orchestre Tout-Puissant Marcel Duchamp.
CHRONIQUE:
Des Lions Pour Des Lions – EP (Autoproduit) Une première démo de Des Lions Pour Des Lions était sortie en 2010. Puis plus rien. A part des concerts. Et deux participations explosives à nos soirées «Sors Tes Covers» (avec des reprises gargantuesques de The Clash et The Rolling Stones). Faut expliquer que les loustics sont déjà bien occupés avec des tas d’autres projets à côté. Alors autant vous dire qu’on est hyper heureux de voir débouler ce nouvel EP, même s’il ne contient que trois titres. Le trio d’origine (Boochon + Babette + Momo) a récemment adopté un guitariste qui va définitivement les imposer comme un vrai groupe, et non plus comme une fanfare à qui on demande de déambuler dans les festivals. Ces trois nouveaux morceaux ne sont d’ailleurs pas particulièrement festifs. Écoutez le très beau «7 Sales Temps» qui termine cet EP sur une superbe ascension mélancolique, comme une rencontre impromptue entre Dead Can Dance et Sweetback. «Walking in Kaibab» démarre, lui, comme un tube de Manu Chao et finit dans une folie punk-rock à la The Ex. «Ouh Ouh California» est aussi dingue et fun que son titre le laisse supposer. Bref, Des Lions Pour Des Lions jouent du jazz comme des punks, font du rock avec la liberté du jazz, cherchent la transe comme des fans d’electro et donnent autant d’amour au public que le petit orchestre musette sur la place du village. Par les temps qui courent, ce groupe devrait être obligatoire.