Si vous ne jouez pas dans un groupe, vous ne vous êtes peut-être jamais posé la question de savoir comment font les artistes pour se choisir un nom de scène ? Parce que c’est quand même super important. C’est compliqué à changer en cours de route, donc c’est bien de tout de suite partir avec un nom qui claque, qui vous plaît, que vous pourrez assumer sur la durée, qui sera adapté aux règles des algorithmes tout puissants pour le référencement web, qui se prononce et s’écrit sans ambiguïté, qui se retient facilement, qui donne une idée de votre couleur musicale, etc. C’est d’ailleurs un des premiers sujets qu’on peut aborder avec les groupes qui intègrent l’Équipe Espoir du Chabada : mieux vaut perdre un peu de temps maintenant à se creuser le ciboulot plutôt que de galérer plus tard une fois que tous vos outils de com’ sont déjà lancés… Bon, en même temps, il y a quelques jours, je suis tombé sur un groupe de death-metal biélorusse qui s’appelle EXIMPERITUSERQETHHZEBIBŠIPTUGA
D’ailleurs, peut-être que les gens de The Flicker auraient mieux fait de réfléchir un peu plus au moment de choisir leur nom, ça leur aurait évité d’avoir à préciser « rock band » sur la pochette de leur disque pour ne pas risquer la confusion avec je ne sais plus quel autre Flicker plus connu sur la planète… Faut dire que ces vieux briscards du rock angevin (il y a du Casbah Club, du Noodles, du Stepping Stones là-dedans) ont toujours préféré passer du temps à faire fumer leurs amplis en répète, plutôt que de s’arracher leurs derniers cheveux en stratégie commerciale. Et quand on écoute leur nouveau single, qui annonce un bientôt nouvel album, on se dit qu’ils n’ont peut-être pas tort finalement ? Ce « Paralysed » a tout du tube punk’n’roll avec sa batterie à fond de cale, ses guitares dans le rouge et ses refrains qui se hurlent en chœur. Vivement l’album !
Badaam a commencé en trio (avec deux ex-Nouvel R) mais le groupe fait de plus en plus souvent appel à deux musiciennes aux cuivres pour venir « muscler » le son (c’est pas comme si on parlait d’un son gringalet à la base non plus), le désormais quintette se rebaptisent donc Badaam & The Power Brass dans ces cas-là. Un nouvel EP sort d’ailleurs ces tout prochains jours et on fêtera ça dignement mardi prochain au Chabada. Le premier single « Silence » donne le ton : si vous aimez le vieux rap conscient des 90s qui n’avait pas peur de se frotter aux guitares saturées, vous devriez vous sentir comme un poisson dans l’eau !
Celles et ceux qui ont vu la série de films « L’arme fatale 1, 2, 3, 4 » devineront a priori facilement où sont allés emprunter leur nom de groupe les membres de Too Old For This Shit. Issue de divers groupes de métal de la région angevine et lavalloise (Homestell, Sling 69, Drop Out…), cette nouvelle formation vient de sortir un premier EP 3-titres (+1 intro) qui, sans révolutionner le genre, montre en deux temps trois mouvement sa haute maîtrise du sujet : ça blaste, ça growle, ça riffe, ça bute. « Putain de merde, … »
Ça rappellera peut-être même à Alex Grenier sa prime jeunesse dans des groupes de metal-fusion du côté de Saumur (remember Khams anyone ?). Le guitariste de jazz au sourire contagieux s’apprête en tout cas à sortir un nouvel album et le premier single est un grand cru : « Control Cat » invite le rappeur d’origine centrafricaine Edash Quata pour un bon vieux jazz-rap funky des familles comme à la grande époque de l’Anglais Ty (Alex était d’ailleurs dans le public lors de son concert historique au Chabada le 31 mars 2004). A priori on devrait retrouver tout ce beau monde pour la release-party au même endroit le… 1er avril prochain. À mon avis, c’est un signe.
Son nom était passé sous nos radars, mais comme il a gagné hier soir le prix du jury du concours Clip d’Ici, c’est l’occasion de corriger le tir et de vous présenter Demia. Le jeune rappeur a conquis le jury avec le clip de son « Tout manger », tiré d’un EP 3-titres dispo depuis peu. Une pierre de plus -finement ciselée- dans la nouvelle scène rap angevine tentaculaire dans laquelle on souhaite bien évidemment à Demia de se faire rapidement un nom. Puisqu’on était dans le concours Clip d’Ici, on est également content de voir que le public a décerné son prix au « Nuages » de Grise Cornac dont on vous a déjà dit le plus grand bien.
On l’a découverte il y a quelques années en diva electro-new wave dans kissdoomfate, et on l’entend aujourd’hui dans une veine plus pop dans Split Cake (qui vient d’ailleurs de sortir sa première live-session). Mathilda a essayé plusieurs noms pour ses expérimentations folk en solo. C’est sous celui de Mathilda Monique que la chanteuse franco-américaine présente « Miel Chaud », son premier essai en français. On ne sait pas si c’est le fait d’entendre du français avec un léger accent sur un folk tourmenté, mais on pense à Jeff Buckley quand il reprenait Piaf ou aux trésors oubliés de la scène folk celtique des 70s. Essai transformé donc.
Il est possible que les gars de Zalem aient ricané dans leur barbe quand ils ont lu l’introduction de mon article et mon allusion aux algorithmes, au référencement web, tout ça, tout ça. Les mecs ont quand même intitulé leur précédent album « στίγμα », et ce précédent album date d’il y a quinze ans, on peut donc imaginer sans trop de peine que la stratégie commerciale n’est pas leur première priorité. Vous me direz, quand on joue du post-metal-hardcore-ambient, on ne doit pas tout miser là-dessus non plus pour vivre de son art. Il n’empêche que, si vous goûtez les envolées de plus de dix minutes entre abysses étouffantes et cimes bruitistes, Zalem est bel et bien une valeur sûre dont le prochain album prévu en mars (deuxième extrait à écouter ci-dessous) devrait encore marquer durablement les esprits.
Rédaction : Kalcha

