Dans le cadre de la dernière édition du Elles Festival, Wheat, café culturel au cœur d’Angers, accueillait du 6 au 29 novembre dernier l’exposition « Leave Britney Alone ». L’occasion de découvrir un lieu riche de propositions culturelles et de découvertes alternatives s’inscrivant idéalement dans le projet d’égalité des genres porté par Le Chabada depuis de nombreuses années.
Lieu tout en longueur comme une invitation à la profondeur, Wheat mixe astucieusement un café et une librairie-restaurant (la Dévoreuse), se définissant comme un « épicentre culturel » où se mêlent judicieusement les plaisirs (de lire, de manger, de partager et d’échanger). Bref, un épicentre… épicurien !
L’exposition du moment, « Leave Britney Alone » (= laissez Britney Spears tranquille) fait explicitement référence à la publication, en septembre 2007, d’une tribune-vidéo poignante d’une fan, Cara Cunningham, qui dénonçait les attaques de la presse et du public à l’égard de Britney Spears. La vidéo, devenue virale sur les plateformes, se transforme rapidement en dénonciation des violences faites aux femmes et en plaidoyer (aussi moqué qu’adulé) de l’égalité des genres.
Rappeler cet événement permet de mieux comprendre la pertinence du lieu de l’exposition : la librairie, résolument féministe, affiche une ligne éditoriale assumée. L’offre pléthorique et audacieuse – en livres, albums et autres essais – est volontairement inclusive.
Exposition Leave Britney Alone – Novembre 2025 © David Pillet
C’est donc dans cet espace que quatre artistes étudiantes de l’École Supérieure d’Art et de Design TALM d’Angers, ont été conviées à orner les murs de leurs oeuvres autour des questions du genre, du corps, de la célébrité… Les jeunes artistes ont ainsi présenté leurs créations dans une diversité de formats et de supports qui s’entremêlent et dialoguent entre elles.
On est ainsi accueilli et cueilli par la série de strings ou de fragments de jeans de Lou-Anne NIVET dont le travail interroge les codes de la féminité et du regard. À proximité, ce sont les napperons crochetés (« Epaves ») de Maëlle DOUX qui dessinent sur tous les murs des textures rappelant la proximité étymologique du texte et du tissage.
Plus au fond, les compositions de Lilith PLUMELEUR qui revisitent le concept de fanzine par des collages foutraques et libertaires qui s’apparentent à d’énormes prospectus revendicatifs !
Tout aussi impressionnant, le travail d’énucléation de couvertures de la presse féminine par Manon GUILLET-DENIS (« Femmes de papier pleurent en lambeaux ») instillant une étrange atmosphère par effacement de la parole et du regard.
Exposition Leave Britney Alone – Novembre 2025 © Christophe Rabin
Ce qui charme au final ici c’est tout autant l’audace que la maturité et la diversité des œuvres de ces jeunes artistes. C’est bien-là toute la magie du Elles Festival d’être à la jonction d’esthétiques plurielles qui convergent vers la volonté de mettre la place des femmes au centre des expressions culturelles. C’est tout à l’honneur du Chabada d’édifier, hors ses murs, des collaborations artistiques dans une heureuse mosaïque d’expressions, de réflexions et d’échanges.
Quel meilleur cadre que cette exposition pour accueillir une table ronde sur la thématique Pop et Féminisme ?
En compagnie de Morgane Guiliani et de Louise Duigou, nous vous proposons une plongée dans le monde de la pop mais pas n’importe laquelle, celle portée par des femmes artistes qui ont su s’imposer sur la scène internationale et affirmer leur point de vue de femme à la terre entière. La vie de pop star par excellence, avec ses côtés brillants mais aussi sombres. Et cette interrogation en filigrane : le vent de cette aventure féministe outre-Atlantique souffle-il aussi jusqu’à nos côtes ? Et si oui, quelles formes prend la pop féministe sur notre bon vieux continent ?
Un moment “we can do it” à partager sans modération.
POPons nous toustes ensemble !
Table ronde enregistrée à WHEAT dans le cadre de la 3e édition du Elles Festival en novembre 2025, produit par Le Chabada en collaboration avec The F* Club.
Rédaction : ChristopheR
Fan absolu de rock à papa, selon l’expression de ses propres enfants, Christophe a appris à aimer toutes les esthétiques dès lors qu’elles s’expriment énergiquement sur scène. Dans la vraie vie, il enseigne et aime la musique… car imaginer une vie sans musique, il en saigne !



