Imarhan

Irmahan, c’est avant tout, l’histoire d’une bande de jeunes qui passent leurs soirées à torturer leurs guitares poussiéreuses et leurs amplis rafistolés après les cours. Cette histoire ressemble à celle de milliers d’autres groupes de rock à travers le monde, qui jouent leurs premiers riffs dans les lycées de New York ou dans les garages de Londres, sauf que cette fois, l’aventure débute dans les paysages arides du Sahara, à Tamanrasset, au sud de l’Algérie. En 2007, cinq jeunes Touaregs habitant le même quartier de Sersouf, s’égratignant les genoux sur les mêmes terrains de football, et fréquentant les mêmes salles de classes, commencent à se forger une réputation dans les fêtes sous le nom d’Imarhan. Les pistes du désert n’étant pas exactement des autoroutes vers le succès international, il leur a fallu une petite dizaine d’années pour affiner leur rock sableux et faire résonner leurs guitares électriques jusque de l’autre côté de la Méditerranée.

Branchés et connectés sur les charts internationaux autant que sur les radios pop d’Algérie, ils incarnent avec panache cette troisième génération de rockeurs tamasheq en jeans et blouson de cuir. Guitares brûlantes et inspirations fulgurantes, Imarhan fomente le nouveau son du désert. Après avoir triomphé aux dernières TransMusicales de Rennes, ces jeunes Touaregs signent un premier album qui fait entrer le rock tamasheq dans une autre dimension. Composé dans le désert, puis enregistré dans le confort d’un studio parisien, ce disque est donc réalisé par Eyadou Ag Leche, bassiste et compositeur de Tinariwen. Logiquement, il n’est pas publié sur un label de « world music », mais dans le catalogue rock de City Slang (Caribou, Arcade Fire, Tindersticks). En onze chansons, il réussit l’alliage subtil entre la finesse du folk touareg acoustique et un rock puissamment amplifié, qui impressionne déjà leurs homologues occidentaux.

Pour en savoir plus :
imarhan.com | facebook.com/imarhan

Photo © Jo Bongard