Extrait de la pochette du single "L'effet" de Chahu

QUATRE GLAÇONS DANS LE VENT

07.01.2026

Benjniez bib wjnci ervp… Pardon, j’ai enlevé mes moufles, c’est quand même plus facile pour pianoter sur mon clavier d’ordinateur. Bon, tout le monde a remarqué que l’hiver nous fait un petit coucou à l’ancienne, quand la mode d’alors (la norme ?) était encore à une mini-canicule estivale de temps en temps et à quelques flocons de neige et des températures négatives tous les hivers. Mais si vous n’avez pas encore eu le temps de retrouver dans vos placards vos vieilles chaussettes en laine de yak, vos moon boots flashy et vos sous-vêtements en Thermolactyl, on vous conseille d’écouter d’urgence les artistes angevin·es ci-dessous et de monter le volume d’un cran ou deux, ça devrait suffire à vous réchauffer. Mais attention à ne pas glisser !

Le nouveau clip d’Arno Gonzalez démarre pourtant sur le son d’un vent urbain qu’on imagine volontiers glacial. Mais ça se dégèle dès l’arrivée de la ligne de basse bien enveloppante. « The End Of Innocence » n’est pas, comme on aurait pu le croire, le morceau éponyme de son dernier album (dont on vous a déjà dit le plus grand bien à sa sortie) mais en fait un mix original de trois tracks tirés dudit album qui fait de ce nouvel assemblage un titre de techno rêveuse, plein de tiroirs comme ce finale surprenant et hautement addictif.

On reste en terres électroniques, mais avec un feeling différent. Black Boiler, c’est le projet electro du bassiste de Lowpkin et vous reconnaitrez immédiatement la patte dub/rock du bonhomme, avec ce son de brutasse qui fait baver tous les bassistes de la ville depuis quasiment 30 ans. Pour ce nouveau titre, Black Boiler a invité Bloom au chant qui se retrouve comme à la maison dans ces ambiances moites et enfumées, comme si Tricky et The Kills se trémoussaient sur du Fischerspooner ou du Swayzak. En tout cas, ça devrait tourner dans toutes les bonnes soirées, après 2h du matin…

Ce titre-ci aussi devrait se retrouver dans toutes les soirées de goût : « Takameyo » est en effet le premier excellent single du deuxième album de Gondhawa, annoncé pour le 30 janvier. Pour avoir eu la chance d’écouter tout l’album en avant-première, je peux vous promettre que le trio a encore franchi un cap avec ce disque qui réussit à être à la fois plus rock/garage/psyché ET très roots/traditionnel. Et le tout regorge de tubes ! On a par conséquent super hâte de les retrouver sur scène, et ça tombe bien parce qu’ils seront au Chabada le 12 mars pour leur release-party angevine, mais aussi -pour les plus impatient·es- en mini-concert le 24 janvier à Saint-Georges-du-Bois. Vous pourrez aussi venir partager vos pépites cosmiques préférées avec Paul, le bassiste de Gondhawa, le dimanche 25 janvier au Joker’s pour le cinquième rendez-vous de nos « Ça se DISQute » ! Autant dire que si vous passez à côté du groupe en ce début 2026, c’est que vous y aurez mis de la mauvaise volonté.

L’album de Gondhawa a été enregistré au Studio Adjololo des frères Livenais. Ce qui nous fait une transition toute trouvée pour évoquer le nouvel album de Kunbe, le dernier projet afro-rock des trois frangins avec des musiciens africains. « Fanga » continue donc de creuser le sillon commencé il y a une bonne vingtaine d’année avec leur précédent groupe, Akeïkoi From Connexion. Vous y entendrez une certaine vision du blues, pleine de percussions, de traditions, et de magnifiques lignes de guitare sablonneuses. De quoi prendre un bon choc thermique en un rien de temps, sans bouger les fesses de votre canapé (ou presque).

Si toutefois vous préférez vous réchauffer sous une grosse couverture en pilou, Bash Barrow devrait vite devenir votre ami. Le chanteur à la voix rauque et veloutée vient d’ailleurs de sortir un nouveau single du nom d’un personnage de la série « Desperate Housewives ». « Mme McCluskey » voit le chanteur ouvrir ses horizons vers des cimes électroniques en mode drum’n’bass mélancolique (faut savoir que Chahu se cache dans l’équipe de compositeurs, ça s’entend !). On espère donc qu’on entendra ce très bon morceau la semaine prochaine lors du concert de Bash Barrow en première partie de Sopico.

© Carmen Lambert

Tiens, puisqu’on parlait de Chahu, le chanteur a récemment sorti en catimini une courte démo d’un nouveau morceau sur son Bandcamp. Celles et ceux qui sont habitué·es à sa grosse voix caverneuse seront probablement un peu décontenancé·es par ce chant chevrotant et cette mélodie lo-fi. Mais si vous aimez les disques extraterrestres de Daniel Johnston, Jean-Louis Murat ou Sufjan Stevens, vous pourriez bien tendre soudainement l’oreille à travers votre chapka…

Rédaction : Kalcha