Si vous vous intéressez un peu de près à la musique indé, vous n’avez pas pu passer à côté de la nouvelle sensation québécoise à masque et à pois, les drôlement nommés Angine De Poitrine… Et comme à chaque fois qu’un groupe un peu iconoclaste fait une percée spectaculaire, vous avez peut-être eu à vous positionner en pro- ou en anti-, pressé·es par nos medias sociaux binaires. On devrait au moins toustes pouvoir se réjouir qu’un duo qui joue une musique à la base aussi éloignée des standards habituels de la pop réussisse un tel coup médiatique… Après, de là à savoir ce qu’il en restera véritablement, l’Histoire nous le dira. En attendant, n’hésitez pas à aller aussi écouter nos sensations à nous, tout aussi intéressantes et méritantes, que ladite Histoire retiendra sans aucun doute comme la hype Angevine De Poitrine…
La hype, c’est pas tellement un mot qui colle au travail de Titi Robin. Même si pas grand monde d’autre que lui -ici ou ailleurs- ne peut s’enorgueillir d’avoir travaillé avec Alain Bashung et Michael Lonsdale, reçu des éloges de Peter Gabriel et Brian Eno, composé pour le cinéma, tourné inlassablement partout dans le monde depuis plus de quarante ans… Et tout ça dans une relative indifférence des grands médias / du grand public. Ces derniers vont heureusement pouvoir se rattraper avec la sortie vinyle de « Lovari », sorte de best of qui ne dit pas son nom, composé de morceaux enregistrés entre 1993 et 2011. Vous y (re)découvrirez mille et une merveilles aux saveurs méditerranéennes, dont ce majestueux « Mehdi » dont on ne résiste pas de vous ajouter en bonus l’excellente relecture qu’en avaient faite Des Lions Pour Des Lions et Gondhawa lors d’une des Chabada Sessions pour nos 30 ans.
On retrouve d’ailleurs la saxophoniste/tromboniste de Des Lions Pour Des Lions -ainsi que le saxophoniste de Zenzile– en guest sur le surprenant nouveau single de Nerlov. Surprenant parce que très différent musicalement parlant de ce que le moustachu a sorti ces derniers temps. Moins immédiatement tubesque, ce « Oui mais non » désarçonne un peu au début, puis vous embarque in finé par ses arrangements audacieux et enveloppants. On attend donc le prochain album avec encore plus d’impatience s’il contient d’autres belles surprises comme celle-ci !
Tubesque, c’est en revanche un mot qu’on peut utiliser sans crainte pour le nouveau single de Nursz, toujours tiré de leur premier EP. Le trio se la joue un peu plus mélancolique, sans pour autant perdre en tension, avec ce très beau « Scorpio Bites ». Il n’y a qu’à écouter ce son de basse saturée en intro pour réaliser que Nursz n’est pas là pour cueillir des pâquerettes. Ces trois-là connaissent manifestement leurs classiques pop mais aussi punk et noise pour en faire leur mixture qui devrait pouvoir mettre pas mal de monde d’accord. Vivement qu’on puisse voir ça sur scène !
Ça aussi, on a hâte de voir en concert. Ça, c’est Mizuko, qu’on vous a présenté il y a peu. Le groupe revient déjà avec un deuxième single éponyme, chanté au féminin cette fois-ci. Le titre démarre à fond de cale, et très rapidement on entend du Velvet Underground dans cette batterie minimaliste et bornée et dans ces cordes (de violon?) grinçantes à souhait. Alors autant vous dire qu’on était déjà pas mal conquis quand est arrivé le refrain enfantin à la Moldy Peaches… Bref, vous savez où cliquer.
The Velvet Underground et The Moldy Peaches, on serait pas étonné d’en trouver aussi sur les étagères ou dans le disque dur de Sorcellerie, à côté de choses plus synth-punk comme Grauzone, Suicide ou Siouxsie & The Banshees. La dame a donc récemment sorti un premier album sous ce nouveau nom et a même clippé le morceau le plus pop du disque pour fêter ça. Pop dans le sens mélodie qui colle au ciboulot. Pas dans le sens mièvre ou sans aspérité. Parce qu’une seule écoute vous fera réaliser que ce « Chiens de la casse » aurait largement sa place sur un disque des Vulves Assassines !
Parfois, quand on ne trouve pas de bonne transition, mieux vaut ne pas en faire ! Passons donc directement au nouveau single de Tomawok, l’Apache au flow le plus rapide de l’Ouest. Et ce n’est pas ce « Full Up A Style » qui va nous donner envie de le provoquer en duel de tchatche. Vous l’aurez compris, Tomawok a dégainé un bon vieux raggamuffin’ à l’ancienne qui ferait se déhancher les plus raides des psychorigides.
Une fois que vous les aurez bien déridé·es, vous pourrez alors leur passer le nouveau single de Camilo Show, ou plus exactement sa relecture du « Slow Wine » de Cinty Fo et DJ Slone : un kompa love torride qu’il ne faut écouter qu’entre les périodes de canicule pour des raisons évidentes de santé publique.
Pour chalouper vers la fin de soirée, bras dessus bras dessous avec les derniers danseurs et danseuses de la piste, vous pourrez toujours passer le nouveau single de The Loire Valley Calypsos. Et accompagner de vos « wooohoooo » les refrains de ce petit « Ange » plein de mélancolie. Mais ce sont encore les principaux intéressés qui en parlent le mieux : « Une chanson douce en forme de comptine qui parle de présence, d’absence, d’amour et de plein d’autres choses, selon ce qu’on a vécu on y entendra un peu ce qu’on veut. Allez l’écouter s’il vous plaît. Ça nous permettra de gagner 0,001€ et ainsi nous permettre de vivre une vie de pacha. Rêvons plus grand. Et surtout comme le disait le célèbre poète : « aimons nous vivants ». »
Je sais pas à quoi ressemblent vos fins de soirée, mais chez moi ça s’est souvent terminé avec deux/trois irréductibles qui continuent de danser au ralenti sur des chansons tristes. Pour la prochaine, je sais que je pourrai aller piocher dans le nouvel EP de Mathilda Monique. Les six chansons qui constituent « Shelters of fortune in spring », première fournée d’un diptyque dont la suite et fin devrait arriver dans quelques semaines, plairont en tout cas aux amateur·rices de folk boisé et onirique, entre Emilíana Torrini et Karen Dalton. Vous m’envoyez un message si vous voulez passer ?
Rédaction : Kalcha
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