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A Tchao Doume 1960 – 2018

Nous avons appris avec tristesse la disparition brutale de Dominique Pasquini, dit Doumé, à l’âge de 58 ans. Doumé a été le guitariste des Noodles et surtout des Dirty Hands qui ont marqué l’histoire du rock angevin pendant les années 90. Durant plusieurs années, il a été membre du conseil d’administration de notre association et a largement contribué à l’existence du Chabada dont il est à l’origine du nom. Nos pensées vont à ses enfants et toute sa famille.

doume« Ça s’est passé comme ça. Un soir, nous nous sommes retrouvés dans un local de répétition de la Cerclère. Plusieurs avaient amené des bouteilles. On pensait que le vin aiderait à la créativité. Bien sûr (comme d’habitude, d’ailleurs), rien n’est venu de cette façon. C’est Doumé qui a alors remis sur le tapis le nom qu’il avançait jusque-là, pour rire, presque pour agacer. Chabada. Il prononçait ce mot à la snobinarde, comme certains disent chÂâteau. Les Chabadas (comment avait-il trouvé ça ?), c’était comme ça qu’il appelait les rennais. Méchus, lookés et connectés au ministère, aux milieux culturels. Musicalement branchés, politiquement reconnus. Bref, une image de l’institutionnalisation qui nous guettait (ça n’a pas loupé d’ailleurs). C’est comme ça, au final, que nous avons décidé d’appeler Chabada la salle que la ville, après l’avoir aménagée, devait nous confier. Et il a continué. Dans le CA de notre association, Doumé revenait toujours là-dessus. Il traquait la pente fatale de l’institution comme d’autres l’embonpoint naissant du bourgeois. Il était aussi guitariste (à l’époque, au sein des Dirty Hands). Le groupe avait de la classe, des compos élégantes auxquelles l’histoire n’a pas rendu justice (je tiens Blue Thing comme l’un des plus grands titres produits sur ce territoire). Les Noir Désir ne s’y étaient pas trompés. Doumé, fils de son père, aimait aussi le foot. Il mettait beaucoup de politique dans sa musique, à sa façon, drôle et sincère. Une crise cardiaque l’a fauché. Jusqu’alors, ce n’était pas le cœur qui lui avait manqué. Nous pensons à lui avec beaucoup d’émotion. »

Ph Teillet – Président de l’Adrama-Chabada.

WILD FOX – La saison des renards

« Mais non, t’inquiète, c’est pas la saison des renards… » C’est ainsi que Gérard Lanvin essaie de rassurer son pote Michel Blanc dans « Marche à l’ombre », en plein bad trip après un pétard géant. Dans un remake d’aujourd’hui, on pourrait sans doute mettre la musique de Wild Fox en fond sonore, tant la pop-garage psyché des jeunes Angevins est également hallucinogène ! Présentation de ces renards sauvages avant deux grands rendez-vous à la rentrée…

Vous êtes tous les quatre très jeunes, mais j’ai cru comprendre que vous jouez ensemble depuis assez longtemps? Comment est né le groupe?

John (batterie) : Ca fait un an et demi qu’on joue tous ensemble. Jack et moi jouions ensemble depuis longtemps, Josic et Lucas avaient un autre groupe. On a réuni un bout des deux groupes et Wild Fox est né.

Josic (guitare) : Quand chacun commençait à jouer dans les bars/concerts les plus proches, on a commencé à se croiser, à réaliser qu’on partageait pas mal de goûts musicaux. Un soir, nos groupes jouaient sur la même scène, et on a fini naturellement par jouer tous ensemble.

Qu’est-ce qui vous a amenés à la musique? Vous avez tout de suite voulu jouer ce style de musique, ou bien vous vous êtes essayés à autre chose auparavant?

Jack (guitare, chant) : On baigne tous dans la musique depuis tout petit, on a commencé par jouer du rock blues au collège et on s’est mis au garage/psyché au lycée.

Le rock psyché n’est habituellement pas le genre musical qu’on découvre tout de suite quand on a une vingtaine d’années. Quel a été votre déclic? La discothèque familiale? Des concerts? Des groupes précis?

Jack : Dès notre début de lycée on a commencé à être assez rapidement gavé par le rock mainstream, on a cherché plus loin et on a découvert une scène plus underground, comme King Gizzard, The Oh Sees… Le festival Levitation, qui a lieu à Angers, nous a aussi mis la puce à l’oreille bien sûr.

Vous avez déjà enregistré trois EPs en moins de deux ans, et chacun vous a vu faire un grand bond qualitatif. Est-ce dû simplement au fait que vous progressez sur vos instruments et/ou en composition, ou bien est-ce le résultat de remises en question et de réels choix esthétiques?

John : Notre premier EP a vu le jour au moment ou Wild Fox s’est créé, c’était plutôt une sorte de base de départ de notre musique, on découvrait nos premiers horizons, la distance de nos frontière musicales. C’était aussi un peu flou dans la mesure où nous étions en pleine découverte de styles.

Lucas (basse) : Quelques mois plus tard le deuxième est sorti, on le considère comme la suite de notre recherche, un travail un peu plus précis aussi, mais surtout le fait d’avoir exploité notre volonté d’approfondir cette recherche.

Jack : Le troisième ne traduit absolument pas notre position musicale définitive. On le considère quand même comme notre premier « véritable » EP. Un travail plus abouti, une préparation en amont faites des mois à l’avance, quelque chose de plus professionnel et plus travaillé.

« Lock », le nouveau titre que vous avez clippé récemment, laisse apercevoir un côté plus pop que vos précédents morceaux. Un truc assez anglais, dandy un peu canaille, façon Supergrass ou Arctic Monkeys. C’est quelque chose que vous voulez creusez sur le prochain EP?

Jack. Pour nous ça veut simplement dire qu’on ne veut surtout pas mettre de frontières à notre musique, on trouverait ça bien trop dommage. « Lock » est le résultats de nos goûts, de notre évolution qui ne restera pas que psyché, que garage ou encore que pop. Je pense aussi que c’est le résultat des rencontres musicales qu’on est amené à faire avec Wild Fox, on s’imprègne de tout ce qu’on entend et des groupes que l’on rencontre, je pense notamment à MNNQNS.

Lucas : Pour le prochain EP, on continue notre réflexion sur le sujet. On veut faire les choses bien, continuer à faire évoluer notre musique. On y trouvera des morceaux que l’on joue déjà sur scène mais il y aura aussi de la nouveauté évidemment.

Aujourd’hui, il semble difficile de communiquer sur la musique sans un bon clip cinématographique. Mais j’imagine que ça a un coût pour un très jeune groupe, encore à ses études? Comment vous êtes-vous débrouillés pour les vôtres?

Josic : Quand on veut on peut. On est très fans des clips cinématographiques, mettre en accord le cinéma et la musique est une idée très intéressante et que l’on souhaite vraiment exploiter. En disant « quand on veut on peut » on veut dire par là qu’on a rassemblé une équipe de 20 personnes, Ernest Bouvier et Pierre Fournier à la réalisation, une équipe technique très professionnelle avec des chefs-opérateurs, des cadreurs, un directeur post prod… Mais aussi un arrêté municipal, plusieurs partenariats, pour les solexs, la privatisation d’un super U par exemple et tout ça pour 100 euros tout rond (clopes, bières, essence). On aime travailler avec des gens de notre âge avec un esprit pro, et qui ont la même hargne que nous. Je pense notamment à Jules Ricou, notre manager qui a rejoint l’équipe il y a un an et qui est maintenant en quelque sorte la queue du renard. Ainsi que Pierrick et Félix au son. Pour ce qui est des études, on a tous arrêté, on ne s’y retrouvait pas tellement à vrai dire. (rires)

Si vous deviez résumer l’univers des Wild Fox avec la musique de 5 autres groupes, quels seraient-ils et pourquoi?

-The Black Angles : Ce sont pour nous The Doors d’aujourd’hui, ils font partie des premiers groupes à avoir fait renaître la vague psyché des années 60 tout en la remettant au goût du jour.
-Black Rebel Motorcycle Club : Pour toute l’influence rock brut, la voix éraillée bien sûr, la représentation du rock’n roll pur et aussi pour le côté sauvage.
-Fidlar : Le côté garage californien, destroy quelque part, le côté jeune branleur pour ne pas parler que de musique.
-Thee Oh Sees : La considération d’un père du garage d’aujourd’hui, il a influencé tous les groupes de garage de notre âge.
-Night Beats : Pour le son vintage, un peu dégueulasse, et pour la simplicité des compositions.

A la rentrée, vous allez jouer au Festival Levitation, puis en Octobre au Chabada en ouverture de Birth Of Joy. J’imagine que ce sont des dates importantes dans la vie d’un jeune groupe?

John : On est très heureux de pouvoir annoncer ces dates, on a vraiment hâte d’y être. Dans notre carnet des choses à faire quand on sera plus grand, il y avait en première page le Festival Levitation, et Le Chabada. Donc oui, on est vraiment ravis de faire partie de ces programmations.

Cerbère & Makawa

Si pour vous le hip hop n’a jamais été meilleur que dans les 90s, que vous avez fait votre culture musicale en scrutant à la loupe la liste des samples crédités sur les pochettes, et que vous ne pouvez vous empêcher de remuer de la tête en entendant un bon boom bap jazzy, on peut alors sans trop de peine se lancer dans les deux paris suivants:

  1. vous avez probablement plus de trente ans.
  2. vous allez kiffer ce nouveau clip (et le morceau qui va avec) de Cerbère (MC croisé dans le collectif austino-angevin ByPass) et Makawa (aux platines) feat. VSSVD 😉

 

Et si on a eu raison, sachez que le duo vient de sortir son nouvel EP, et ça s’écoute notamment ci-dessous!

 

Pen Soul Case

Pendant les vacances, les membres du collectif hip hop qui n’en finit pas de monter Pen Soul Case n’ont pas chômé. Pour preuve, deux nouveaux très beaux clips (un pour le collectif, et un pour Cézur en solo, dont on attend d’ailleurs très bientôt une mixtape) sont en train de faire le tour de la toile… Ils n’attendent plus que vos clics!

Alexinho, champion du monde!

« On est les champioooons! On est les champiooooons! ». Vous avez dû chanter ça tout le mois d’Août. Et c’est c’est normal. Ce n’est pas tous les jours qu’on a un champion du monde à Angers!! Alexis Grimaud aka Alexinho a en effet été sacré champion du monde de beatbox (catégorie solo hommes) à Berlin au début du mois. A tout juste 22 ans, le beatboxer angevin -qu’on a notamment déjà croisé dans le groupe de rap-blues L’Adr3sse aux côtés du MC Dajanem) récolte les fruits d’un travail acharné et d’une grande ouverture d’esprit! Vous le retrouverez par exemple à l’affiche de la prochaine soirée Modern pour son nouveau projet electro avec Arno Gonzalez, appelé ラRAFU. Go Alexinho, Go!

Rezinsky – Mal Poli

Rezinsky_MalPoliLe rappeur Pepso Stavinsky et le beatmaker RezO, qui font depuis quelques années parler d’eux sous le nom commun de Rezinsky, sortent leur premier long format officiel ce vendredi 22 Juin. Le duo a pris son temps, s’essayant sur plusieurs EPs auparavant, expérimentant des choses, mutant en même temps que le rap de ces dernières années. Au final, ce « Mal Poli » leur ressemble : érudit et provocateur, sensible et vulgaire, timide et fanfaron. Dans la lignée historique de TTC>Odezenne>Lomepal, Rezinsky met ses tripes sur la table et fait le tri sous vos yeux. Relations amoureuses qui font souffrir, plans cul d’un soir, soirées défonce entre potes ou cynisme sur l’hypocrisie de la société actuelle, tout est là. Pepso rappe, beugle, chuchote tandis que RezO tripote ses beats et son sampler comme un obsédé. Boom bap, trap, deep house, r’n’b, grime, kuduro et autres sont passés à la moulinette, jusqu’à faire naître des compositions étranges mais hautement addictives comme ce génial « Nuages », étrange mix de hip-house et de cloud-rap qui fait roucouler Nerlov (VedeTT) et Camille (Després), ou comme cet orgasmique « 213 » complètement ouf, ou encore la salace et inquiétante « Méchante Maman » avec Cheeko et Odor en très grande verve en renfort derrière le micro. Les temps forts de ce disque ne manquent donc pas (« Benjiskhan », « Chat Noir », « Eléphant », « Vegan », « NTM », « Deltaplane » et bien d’autres). A écouter à donf, les fenêtres ouvertes, la tête haute. Rezinshit, ma gueule!

Liens d’écoute : https://modulor.lnk.to/Malpoli

(Re-)Lisez notre interview de Rezinsky ici: https://www.lechabada.com/rezinsky-retour-vers-le-futur/

Markus and Shahzad Santoo Khan – Tumba

Markus-and-Shahzad-Santoo-Khan_coverLe joueur de oud angevin Markus et le chanteur pakistanais Shahzad Santoo Khan ressortent leur premier album en commun (qui circulait déjà depuis quelques mois donc) avec un nouveau titre, une nouvelle pochette bien plus jolie, un tracklisting augmenté de moitié, et un meilleur enregistrement. Autant dire que le disque y gagne grandement en efficacité. Et comme on ne l’avait déjà pas trouvé si mal que ça dans sa première mouture, ça devrait suffire amplement à vous donner envie d’aller les applaudir à Trélazé le 18 Juillet prochain aux côtés de Zenzile et Simawé. Surtout que le groupe accumule les dates au compteur et a même pu à nouveau enrichir ses compositions à la source lors d’une mini-tournée au Pakistan en Avril dernier. Ils seront donc fin prêts pour vous embarquer dans la transe!

« Tumba » de Markus and Shahzad Santoo Khan est en écoute et téléchargement sur ItunesApple MusicSpotifyGoogle Play et Deezer.

 

 

 

https://youtu.be/4UEX64pV1Ko