Eustache
Alex Grenier et Baptiste Herbin

LE JAZZ : ET RIEN D’AUTRE QUE LE JAZZ

13.05.2026

“Le jazz fait du bien“, “Quand on écoute du jazz, on ne pense à rien d’autre“…

Non, ce n’est pas un poisson que nous pose Le Chabada, ce soir de 1er avril. Dans l’intimité du club, deux Jazzmen des plus talentueux, vont jouer pour nous. C’est pour cela que je tenais à être là, au premier rang.

Cent-dix personnes seulement. La jauge ne sera pas pleine. Les absent·es ne sauront jamais ce qu’ils·elles vont rater. Dans le public, peu de jeunes, mis à part une adolescente et deux enfants. Mais à qui sont-il ? Beaucoup ont plus de quarante ans. Ils·elles sont venus en couple, en groupes ou seuls, d’Angers, de Soulaine-sur-Aubance ou de plus loin.

Le premier à passer sur scène est Baptiste Herbin Trio. Le second, tête d’affiche, est Alex Grenier 5 tet, qui pour le coup ne sont que quatre. Ils viennent présenter leur dernier album : « 5 sur 5 »

photo de la performance de Baptiste Herbin
Baptiste Herbin jouant avec deux saxophones – avril 2026 © David PILLET

Baptiste Herbin est un saxophoniste époustouflant ! Nommé aux victoires du jazz en 2013, avec son album « Brother Stoon », prix Django Reinhardt, nommé musicien de l’année 2019 par l’académie de jazz, musicien international et quatre albums à son actif.

Sur la scène : une batterie, une contrebasse et un saxophone. Dès le début du concert, je m’aperçois qu’un phénomène commence à envahir le public. Surtout chez les messieurs, je vois la pointe de leurs pieds droits se lever puis retomber au sol pour marquer le tempo. Des connaisseurs·euses applaudissent à chaque solo de batterie ou de contrebasse. À la reprise du saxophone, c’est un tonnerre d’applaudissements.

Baptiste Herbin souhaite rendre hommage à une grande figure du jazz manouche, guitariste de talent : Django Reinhardt. Il commence par « Troublant Bolero », d’autres morceaux suivent. Le saxophoniste, époustouflant de dextérité, fait courir ses doigts sur les touches, au rythme d’une valse. Il prend un autre saxophone pour un morceau plus calme. Entendre le batteur jouer de ses balais sur la caisse claire me donne l’impression de pattes de chat grattant sa litière, tout léger, tout léger.

Puis une interprétation de « Tea for two » avec une batterie en mode djembé et nous voilà déjà au dernier morceau qui est une composition pour Django Reinhardt « Choro Django ». Il commence par jouer du saxo droit puis passe au saxo alto. Avec une aisance incroyable, il passe de l’un à l’autre à la manière d’un jongleur ajoutant une balle à chaque tour. Plus fort, devant nos yeux ébahis, il joue des deux saxophones à la fois.

Nous restons émerveillé·es de cette première partie.

Le public "émerveillé"Le public « émerveillé » – avril 2026 © David PILLET

Au changement de plateau, je me mets à la recherche d’une jeune personne pour lui demander son impression sur la première partie et le jazz en général. Savez-vous sur qui je tombe ? Le fils d’Hervé, le bassiste du groupe d’Alex. Il a dix ans et aime le jazz mais aussi le « funk » et le « hip-hop ». Chose émouvante, ses parents se sont rencontrés où ? Au Chabada bien sûr ! Comme me dit un habitué, qui fréquentait cette salle dans les années 90 : « J’adore Le Chabada, c’est un lieu imprégné de vie. »

Voilà, batterie, basse et clavier sont prêts. Nous attendons, impatient·es, Alex Grenier.

Il y a longtemps que je le suis. Je l’ai découvert lors d’un festival de jazz aux Ponts-De-Cé. J’ai été immédiatement conquise par sa façon de jouer et la joie qu’il exprime à partager sa passion du jazz. Il m’a dit être monté sur scène pour la première fois à l’âge de 11-12 ans, lors d’une fête de la musique. Ses inspirations : le rock, le blues qu’il jouait à ses débuts.

Comme par magie, le public s’est rapproché de la scène. Toujours souriant et sautillant, coiffé de son traditionnel bonnet rouge, Alex joue les yeux mi-clos. Concentré sur ses accords et à l’écoute des musiciens qui l’accompagnent, Alex nous offre un pur moment de vie.

Photo du concert de Alex Grenier
Alex Grenier sur scène – décembre 2025 © David PILLET

J’ai repéré l’employé du rayon musique de la Fnac bouger la tête en cadence. Ce même état gagne certain·es spectateurs·rices. Les fils d’Alex et d’Hervé dansent comme de petits lutins joyeux.

Pour la première fois, nous entendons le rythme syncopé du titre éponyme « 5 sur 5 »

Près de la scène, je pose mon bloc note et mon stylo pour mieux profiter du moment, être présente et vivre intensément cette « joie communicative ».

Baptiste revient pour interpréter avec le groupe d’Alex « Erreur 404 ». Chacun rivalise de dextérité dans la descente des gammes.

Soudain, un rappeur, au look jamaïcain , surgit des coulisses. Edash Quata est son nom. Il nous chante « Control Cat ». Il improvise des paroles et les fait répéter par le public.

Quelle soirée !

Je finirai par un feu d’artifice de mots énoncé par les gens que j’ai rencontrés :

“Belle découverte“ “Ambiance“ “Osmose“ “Vie“ “Éclatant“ “Bon accueil“

 

Rédaction : Natacha C
AVS de profession, Natacha est tombée dans le chaudron de la poésie à 9 ans. Guidée et entourée de poètes, elle devient TaTchok la poète des scènes Slam. Habituée des cafés concerts et du Chabada, elle saute le pas en devenant guitariste du groupe NCLH.

Eustache
Eustache, le Fanzine des bénévoles du Chabada, s’intéresse à celles et ceux qu’on n’entend pas forcément au Chabada. Vous ! Les usager·es de ce lieu. Spectateur·rices, passionné·es, musicien·nes amateur·rices, membres de la scène locale, ce Fanzine veut mettre en lumière tout ce qui vous fait aimer cette salle qui vient de fêter ses 30 ans.